jeudi 3 septembre 2015

Des amis qui vous veulent du bien

En décembre dernier, un rapport d'Amnesty international notait que les six pays du Golfe n'avaient proposé aucune place d'accueil aux réfugiés syriens. 
Il est vrai qu'il est plus facile et rentable d'exporter la mort et la guerre que d'en importer les conséquences avec leurs lots de misère et de victimes. De l'humanité, pas une once à exporter ni même à en importer. 

Les "amis" de la Syrie, qui ne rechignent pas à y envoyer armes et combattants au nom de la liberté et de la démocratie, ne se bousculent pas au portillon pour prendre en charge les réfugiés, leur venir en aide, leur procurer soins et nourritures, encore moins leur offrir l'asile. 


La vue d'une seule victime suffit parfois à ébranler les consciences, à transmettre la souffrance de tout un peuple plus que la mort d'une multitude dissoute dans l'anonymat, sans noms, sans visages. Inutile de s'évertuer à trouver des responsables, car la raison de tout cela est une et unique, c'est la guerre, tous ceux qui en ont fait le choix et qui continuent à l'alimenter.



samedi 29 août 2015

Un désir d'Etat

Aujourd’hui nous manifesterons animé d'un irrepressible désir d'Etat de droit et arme d'un ideal de justice et d'une soif de Loi. Citoyen du Liban unissez vous; la survie de notre Nation passe par la genèse de la citoyenneté et un nouveau contrat social entre les individus et l'Etat.

Un contrat à même de compléter et renforcer le Pacte national et de fonder un Etat civil; non juste un Etat simple régulateur de la coexistence entre les communautés et terrain de leur lutte pour le pouvoir et son partage. 
Notre combat est avant tout de restaurer l'Etat, relancer le processus démocratique et rétablir la Constitution.


Il nous sera alors possible d'envisager sereinement, de manière réfléchie et dans un cadre institutionnel les changements, réformes et améliorations politiques, administratives et constitutionnelles qui s'imposent.
L'Etat est le socle et le cadre du changement, en aucun cas nous ne devons le confondre avec les gouvernants, leur personne et leurs pratiques ni même avec un regime politique.

jeudi 13 août 2015

Foule sentimentale


S'il est vrai qu'on ne vote plus depuis des lustres, du moins avec les mains, on ne cesse d'avoir recours à la rue autant pour des causes politiques, sociales, économique, syndicales, écologiques que sociétales. Il est vrai que le recours aux urnes et au verdict du peuple n'est pas une pratique des plus prisée par notre classe politique.

Mais, n'en déplaise à certains qui dénoncent une forme de populisme et les risques inhérents à toute manifestation de masse, le fait de voter avec ses pieds demeure la seule voie d'expression démocratique encore disponible, la seule soupape de sureté.  

En l'absence de toute vie politique et institutionnelle, la rue constitue le dernier forum d'interaction politique et social et le seul espace où pourrait s'insérer la société civile, à la condition impérative que le droit fondamental de manifester soit exercer dans le respect, non moins fondamental, de l'ordre public et de la loi. Ce qui est sûr c'est que la démocratie représentative est mal en point, alors à quand la démocratie semi-directe au Liban ?


Manifs sur tout, manifs pour tout, manifs contre tout mais pas encore manifs avec tous ni manifs pour tous...

Ce n’est pas demain que notre soif d'idéal sera assouvie.



mardi 11 août 2015

ailleurs et autrement: Gaza à la Seine

ailleurs et autrement: Gaza à la Seine: Pour Bruno Julliard, premier adjoint au Maire de Paris, "Pas d'amalgame entre Tel Aviv, ville symbole de paix et de tolérance et...

Gaza à la Seine


Pour Bruno Julliard, premier adjoint au Maire de Paris, "Pas d'amalgame entre Tel Aviv, ville symbole de paix et de tolérance et la politique brutale du gouvernement israélien". Peut on réduire le problème à un amalgame ? Peut on exonérer d'office les citoyens Israéliens, de Tel Aviv, Jérusalem ou d'ailleurs, et les délester de toute responsabilité vis à vis de la politique de leur gouvernement et des actes de dirigeants qu'ils ont élus démocratiquement ? Par leurs votes ils ont participé à la dérive vers l'extrême droite de leur pays et sont justiciable de leur choix. Ce n'est pas en faisant comme si de rien n'était, en maintenant l'illusion d'une normalité qu'on sera à même de sensibiliser un peuple qu'on a progressivement enfermé dans la peur, la haine et la radicalisation. Bien au contraire il faut à un moment le culpabiliser, le secouer, le réveiller, le sortir de sa léthargie et de ses certitudes.
On en oublierait presque que Tel Aviv est en Israël, qu'elle en est même la capitale, du moins en vertu du droit international qui ne reconnait pas Jérusalem comme capitale "unifiée et éternelle". On en oublierait presque qu'en dépit de l'occupation, de la guerre, de la colonisation, de la ségrégation, les citoyens de Tel Aviv mènent une vie normale, moderne, déconnectée de toute réalité, sans culpabilité ni remords. 

Une vie prospère dans l'indifférence absolue du sort d'un peuple entier soumis au blocus, à la répression, à l'expulsion, à des massacres, à la pauvreté, aux diverses vexations et humiliations ; un peuple entier déshumanisé, condamné au silence, reclus derrière un mur, occulté de la vue des bons citoyens israéliens, rayé des regards, de la carte, des esprits et des consciences.

Tel Aviv symbole de la paix et de la tolérance ? Oui, il est vrai que c'est une ville qui jouit de la paix quelque en soit le prix,, qui vit en paix, sans les palestiniens et surtout loin d'eux, une ville qui se voile la face, se complait dans l'indifférence , la négation et le cynisme, une ville dont la majorité des citoyens tolèrent l'intolérable !

Alors que les enfants de Palestine n'ont jamais connus ni vacances, ni plages ni voyages, hormis ceux de Gaza qui y trouvent la mort, on fête à Paris, ville de la liberté, des droits de l'homme et de la tolérance "Tel Aviv sur Seine" au nom de la culture. On a boycotté des manifestations culturelles, sportives et artistiques ainsi que des pays entiers pour moins que cela. On a boycotté des pays au point d'en affamer la population et la privé de soin sous prétexte que leurs dirigeants ne respectaient pas le droit international, personne alors ne s'est soucié d'amalgames ! 
Quelle ampleur aurait pris la polémique et à combien d'amalgames aurions eu droit si on avait invité Gaza sur Seine ou juste Naplouse !
"Tel Aviv sur Seine", une mise en scène grotesque et macabre moins d'un an après l'été meurtrier de Gaza, alors que sous le sable le sang des victimes n'a pas encore séché. Cela revient presque à jeter leur mémoire à la Seine.


mercredi 5 août 2015

Syrie ou la chronique d'un désastre longtemps annoncé

Syrie, état de guerre permanente, Etat dans tous ses états. De manifestations populaires à la revendication légitime de réformes démocratiques suivies par la féroce répression du régime à une révolte populaire et la demande d'un changement de régime et enfin d'une révolution armée qui s'est muée en une guerre civile et un conflit régional, la Syrie s'est dirigée lentement mais suremment vers l'abîme qui lui était destiné. 
La guerre de tous contre tous, du "un pour tous chacun pour soi", de chacun pour ses choix; chacun son agenda, ses alliés, ses ennemis qui varient et se diversifient au fil des événements. Un casting local et régional qui ne cesse de s'élargir, des distributions de rôles, des alliances qui se font et se défont, des lâchages, des revirements.
L'Etat Islamique, Al Qaïda et Nosra, la myriade de groupes rebelles islamistes, les restes de l'Armée Syrienne libre, l'armée syrienne et ses supplétifs, les Kurdes (PKK et YPG), le Hezbollah, les milices chiites irakienne, la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et leurs objectifs et intérêts respectifs, la coalition hétéroclite et désarticulée, le front du refus, etc.. Des forces qui s'affrontent à coup de slogans mais sans projet politique ni vision d'avenir. 
Et Assad dans tout cela ? Et les origines du conflit et sa nature ? Quelqu'un se rappelle t il encore des raisons qui ont enfantées un tel chaos et leurs finalités ? Mais oui bien sûr : la révolution, la liberté pour le peuple syrien, le départ du tyran, la démocratie, le printemps arabe. Des objectifs qui se sont évanouis en même temps que la Syrie, son peuple, sa coexistence, son rôle régional, son industrie, son patrimoine, son infrastructure, son économie.
Une Syrie désormais otage d'alternatives qui constituent autant d'impasses : La dictature politique versus l'autocratie théocratique et l'intégrisme sous toutes ses formes ou encore le choix entre divers mouvements extrémistes, certains supposés être plus modérés ou que l'on essaye de promouvoir en tant que tels !
Nous en sommes désormais au point de se demander qui, de Daech ou Al Qaïda, est l'ennemi prioritaire et lequel constitue un moindre mal ? Ou encore de devoir se résigner à soutenir, faute d'alternatives crédibles sur le terrain, des groupes armés islamistes désignés sous le label "opposition modérée" mais dont le projet politique n'est autre que l'instauration de la Charia et d'un Etat islamique en Syrie ! Certes on ne peut ranger dans un même sac les différents groupes islamistes et faire abstraction des différences de nature et de degré, cependant aucun de ses mouvements n'est à même de proposer un projet politique viable et recevable pour l'ensemble des communautés ethniques et religieuses syriennes. 
Entre émirats, Califats, régions autonomes, entités sectaires, régions sous contrôle du régime, la Syrie, Etat et Nation, a disparue. Assad est toujours là, ses adversaires démocrates se sont volatilisés alors que des tyrans d'une autre espèce ont proliféré à ses côtés et lui dispute le pouvoir et l'avenir de la Syrie. Des tyrans qui n'ont pour projet ni la démocratie, ni la Syrie, encore moins la liberté et la justice.

Assad était et demeure toujours un obstacle à la démocratie et à la liberté du peuple syrien mais à présent il n'est plus le seul; désormais les intégristes et terroristes en tout genre y contribuent aussi et rendent impossibles non seulement toute transition démocratique mais tout avenir pour la Syrie.