jeudi 21 décembre 2017

QUI DONNE ORDONNE ?



Le président Donald Trump a lancé mercredi une sévère mise en garde aux pays tentés de voter jeudi à l'ONU une résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël. Il a menaçé de couper les financements américains aux mauvais élèves, ajoutant à la manière d'un proviseur d'école : "Nous prenons note de ces votes",et a dénoncé "tous ces pays qui prennent notre argent et ensuite votent contre nous au Conseil de sécurité". 

Il devrait dans ce cas commencer par punir Israël, principal bénéficiaire de l'aide américaine et qui pourtant n'a eu de cesse de s'inscrire en faux contre les décisions et la politique de Washington. Le président américain considère donc que la contribution financière de son pays à l'ONU lui donne tous les droits notamment celui d'acheter les consciences et d'imposer sa volonté à des Etats souverains. Il est clair que pour le coup il n'en aura pas eu pour son argent bien qu'au regard du nombre de vétos que les Etas-Unis ont utilisé depuis 45, souvent pour sauver la mise à Israël, il s'agit d'un investissement des plus rentables.

Ceci dit, Trump peut toujours se retirer des Nations Unis si ca le chante comme il l'a fait de l'UNESCO, du traité pour le climat ainsi que d'autres conventions ou accords internationaux. Cela fera toujours un véto en moins et de la place à un nouvel Etat, celui de Palestine.

mercredi 20 décembre 2017

LA DICTATURE DU MENSONGE

Il est de bon ton de dénoncer à travers l'affaire Marcel Ghanem une "dérive vers la dictature" et certains ne s'en privent pas, ce qui est de bonne guerre. Certes, il nous faut exercer la plus grande vigilance quand les libertés fondamentales sont en jeu, notamment celles d'expressions, d'opinions, de croyances et de pensées. La liberté de la presse en est une traduction concrète; elle se doit aussi d'être garante de ces droits et de leur bon exercice.


Ceci dit, je préfère encore certaines atteintes de la presse à l'éthique et la déontologie, le fait qu'elle puisse par moment outrepasser ses droits plutôt qu'elle soit soumise à une quelconque répression ou censure étatique. J'accorderai toujours à la presse le bénéfice du doute, le droit à la défense jusqu'à preuve bien établi du contraire. 
Cependant, un journaliste est un citoyen comme les autres, il n'a ni avantages ni dérogations ni ne doit bénéficier d'un traitement de faveur, d'autant plus qu'il a la charge de diffuser l'information, de relater les faits, de transmettre la vérité, de faire preuve d'autonomie et de probité intellectuelle. Il se doit aussi de respecter les libertés qu'il revendique pour lui-même. 
Dans toutes les démocraties dites libérales les condamnations judiciaires des organes de presse ou de journalistes pour diffamation, atteintes à la vie privées, infos mensongères, prejudice morale ou autres sont monnaies courantes sans pour autant sombrer dans la dictature. Les risques de dérives vers la dictature du pouvoir politique, de la justice, de l'opinion et des médias sont inhérents, à des degrés divers, à tout système politique.
Ce qui est certain c'est qu'au Liban il existe une dictature bien établie à laquelle la presse contribue aussi à sa manière : celle du mensonge, de l'hypocrisie, de la mauvaise foi et de la diffamation.

jeudi 14 décembre 2017

JERUSALEM IN MY HEART

Le sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique a déclaré "Jérusalem- Est capitale de l'Etat de Palestine et invite tous les Etats à reconnaitre l'Etat de Palestine et Jérusalem Est comme sa capitale occupée." Il leur faut à présent agir en conséquence, coordonner leur action diplomatique afin d'obtenir une résolution du Conseil de sécurité en ce sens. Annoncer l'ouverture d'ambassades à Jérusalem et désigner d'ores et déjà des ambassadeurs seraient des premières mesures bien plus que symboliques mais fortes et concrètes.

Il en aura fallu du temps - celui dont a allègrement profité Israël pour annihiler la solution à deux Etats - aux Etats musulmans et aux pays arabes pour se décider à franchir le rubicond, ou plutôt le Jourdain, et à réagir enfin. A défaut d'avoir un rapport de force en leur faveur, mais de cela ils en sont les premiers responsables, ils ont le droit international de leur côté ainsi que des résolutions imprescriptibles qui sont autant d'acquis de taille.

Plus de 24 ans depuis Oslo lors desquels Israël à renier le peu d'engagements auxquels il avait souscrit; à coloniser à bout de bras et instaurer un régime d'apartheid; mené des guerres à répétitions; rejeter toutes les initiatives de paix et saborder toutes les tentatives de relancer les négociations; asséner des fins de non recevoir même à son obligé américain; à violer systématiquement toutes les résolutions de Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations Unis et même les recommandations du Quartet qui lui étaient pourtant favorables.

Avec la décision de Trump, d'autant plus irrecevable qu'elle n'a aucune valeur juridique, les américains ont buté en touche dilapidant le peu de crédibilité qu'ils leur restaient en tant que parrain du processus de paix. Une émancipation qui pourrait s'avérer salutaire pour les négociations, ouvrant la voie à une gestion internationale du conflit, un rôle accru des Nations Unis et l'intervention de nouveaux acteurs régionaux et internationaux aux positions plus objectives et moins partisanes.