mardi 2 mai 2017

Le Hamas fait peau neuve


Le Hamas a dévoilé sa charte amendée dans laquelle il reconnait l'Etat de Palestine dans les frontières de 1967 et insiste sur la nature politique et non religieuse du conflit avec Israël. Le nouveau "Document de principes et de politique généraux" rompt clairement avec le ton antisémite de la charte de 1998 et propose un programme conforme aux résolutions et à la légalité internationales. La lutte contre les Juifs fait désormais place à celle contre le sionisme; des moyens plus légaux supplantent le recours à la lutte armée et l'attachement d'une Palestine " de la mer au fleuve " fait place aux frontières de 67. 
Passée presque inaperçue, il s'agit pourtant d'une décision historique, d'une modification substantielle, d'une évolution à laquelle était convié le Hamas depuis des décennies qui devrait raffermir l'unité des palestiniens et leurs capacités de négociations. Autre changement notable le document remet en cause de la filiation encombrante avec les Frères Musulmans. Alors que la charte présentait le Hamas comme la « branche palestinienne des Frères musulmans », ce nouveau document ne fait plus mention de ce lien organisationnel. Une main tendue à l'OLP et un pas supplémentaire vers un Etat Palestinien qui intervient à un moment décisif. 
Une reconnaissance qui devrait embarrasser Israël au plus haut point qui perd en effet l'un de ses prétextes de prédilection; l'Etat hébreux ayant constamment instrumentalisé la position du Hamas pour éviter la paix et tirer parti des divisions du leadership Palestiniens. Il a du reste rejeter le document dans son intégralité et ce avant même sa publication. L'OLP avait amendé sa charte, le Hamas vient de le faire; à quand le tour d'Israël d'amender sa politique et de se conformer à la légalité internationale ?

lundi 1 mai 2017

Le 1er Mai


En ce 1er Mai mes pensées vont avant tout à ceux qui ne sont pas même reconnu comme travailleurs, considérés souvent comme moins que des humains. Ceux qui sont loin de chez eux et qui pour nourrir leurs proches ont renoncé à tout : leur foyer, leur liberté, leur famille, l'être aimé. Faisons en sorte qu'ils aient au moins leur dignité. Victimes du rascisme, du mépris, de maltraitance; exploités, abusés, sous payés, déconsidérés , marginalisés, pour eux le travail n'est pas une émancipation mais une corvée. J'en appelle à notre conscience, à notre humanité afin que soient respectés les droits fondamentaux, individuels et collectifs, des travailleurs étrangers, migrants, domestiques qui ne jouissent ni du droit du travail ni des droits sociaux, pas même des droits reconnus par la déclaration universelle des droits de l'homme.

vendredi 28 avril 2017

Abstention n'est pas raison


C'est bien connu, les absents ont malheureusement toujours tort même s'ils ont souvent raison. L'abstentionnisme au second tour s'apparente, par sa philosophie et ses dommages, au vote utile au premier tour. Quelques votes utiles en moins et nous aurions peut être eu la chance d'assister à un véritable duel démocratique au second tour entre Macron et Mélenchon. Une configuration qui aurait bien embarrassés certains votants utiles notamment de gauche. Les mêmes qui s'érigent à présent en inquisiteurs face aux indécis et aux abstentionnistes, éludant leur propre part de responsabilité dans l'avènement du FN au second tour. Il ne s'agit pas aujourd'hui de choisir Macron, de lui accorder un chèque en blanc ni de cautionner son programme mais de refuser de faire le choix du FN quitte à voter pour un figurant nonobstant sa personne. C'est ainsi qu'il faut le percevoir, comme un non choix, afin de rendre la chose plus aisée; du moins c'est ainsi que le représentent ceux qui en font un rempart contre Marine Le Pen.S'abstenir c'est aussi et surtout renoncer à choisir notre adversaire, les règles du jeu et nos armes pour les 5 années à venir. L'élection présidentielle n'est qu'une étape de la vie démocratique, le rassemblement n'est pas pour Macron mais contre Le Pen dans un premier temps puis face à Macron et Le Pen dès les législatives. Il ne vous est pas demandé de faire campagne ni de proselytisme, ni même de l'annoncer publiquement, le supplice est déjà de taille, mais de faire stoïquement le bon geste, avec abnégation, dignité et en toute modestie